Ville de Sept-Îles

Un Bref HISTORIQUE de la Région

INSTALLÉS DEPUIS LA PRÉHISTOIRE


Voilà quelques 11 000 ans, les premiers Amérindiens s'installent dans nos régions
alors que la fonte progressive du glacier libère le territoire.

LES PREMIERS VISITEURS EUROPÉENS

Vers les années 800, les Vikings sont les premiers Européens à visiter nos côtes.
Il n'existe pas de documents ni de précisions supplémentaires sur l'itinéraire et leur
séjour en Amérique. Le mystère reste complet.

Les visiteurs suivants sont mieux connus : des pêcheurs français, anglais et
basques sont nombreux dans les années 1500, précédant de peu le premier
découvreur officiel. C'est alors que Jacques Cartier fit son entrée dans la "Grande Baye".

À la différence de ses prédécesseurs, il venait prendre possession du territoire au nom
du roi de France "François 1er". En 1535, lors de son second voyage, il fit la découverte
de "Chichedek" (les îles vues de loin). Il désigne alors l'endroit du nom des "Îles Rondes".

C'est à son retour en France qu'il les désignera du nom qu'elles portent aujourd'hui
"Sept-Iles". En mission officielle, Jacques Cartier note soigneusement son itinéraire
et ses observations, ce qui en fait un des premiers chroniqueurs de la Côte-Nord.

LES PREMIERS HABITANTS DU TERRITOIRE

La vie traditionnelle des Montagnais continue, malgré les contacts parfois belliqueux
avec les pêcheurs. Les Montagnais demeurent un peuple de chasseurs qui se
nourrisent, s'habillent et se logent à même la forêt et ses animaux. Tout au long de
l'hiver, les différentes familles vivent sur leur territoire de chasse à l'intérieur des terres.

Elles reviennent l'été au littoral où elles peuvent aussi chasser les oiseaux migrateurs,
le loup-marin ou pêcher le saumon à l'embouchure des rivières.

LA VENUE DES BLANCS

Vers les années 1650, des postes fortifiés de traite de fourrures s'étendent le long
du fleuve St-Laurent jusqu'en Louisiane. Pourtant la Côte-Nord, berceau des premiers
contacts entre Européens et Amérindiens, se retrouve complètement isolée et
morcelée par le nouveau découpage administratif mis en place par les autorités
coloniales. Le "Domaine du Roy" couvre tout le Saguenay, le Lac St-Jean et la
Haute Côte-Nord. Il s'agit d'un monopole gouvernemental qui sacrifie cet immense
territoire au seul commerce des fourrures. Aucun colon n'y est admis car il pouvait
devenir un concurrent qui ferait monter le prix des fourrures. Des locataires ouvrent
des postes de traite de Tadoussac à Sept-Iles.
En 1661, François Bissot est le premier Blanc à pénétrer dans la baie de Sept-Iles,
et y construit le premier poste de traite à la rivière du Poste.
En 1669, Louis Jolliet construit un second poste de traite à l'embouchure de la rivière Moisie.

Après la conquête de la Nouvelle-France en 1760 par les Anglais, de nouvelles
compagnies anglaises se partagent les anciennes concessions. En 1821, la
"Hudson's Bay Company" contrôle la Seigneurie de Mingan et s'apprête à obtenir
le monopole des postes du Domaine du Roy, c'est-à-dire tout le territoire entre
la rivière Saguenay et Natashquan dont le premier poste de traite de Sept-Îles.

L'implantation des postes de traite et l' accroissement du commerce des fourrures
amènent les Blancs à s'installer chez les Montagnais. Petit à petit, les activités
économiques des Montagnais s'orientent vers le piégeage des animaux à fourrure
dans le but d'en faire des échanges.

Les besoins des Européens font que, peu à peu, l'économie et la façon de vivre
des autochtones se transforment. La traite des fourrures, modifie non seulement
le réseau d'échanges des peuples autochtones, mais aussi elle bouleverse
profondément leur relation avec la nature. Désormais, ils ne chasseront plus
seulement pour se nourrir.

Ce n'est qu'au milieu du 19 ième siècle, à la fin des monopoles de traite des fourrures
que le peuplement permanent commence. La chasse au loup-marin, la pêche à la
morue et le bois de sciage attirent toutes ces vagues de peuplement.

Des pêcheurs sont venus de Québec, des Îles-de-la-Madeleine, de la
Baie des Chaleurs, de Terre-Neuve et même des Îles de Jersey pour s'établir
au fond des anses et des baies de Moisie à Blanc Sablon. Leurs villages
forment encore aujourd'hui la base de ces royaumes que sont la "Minganie
et la Basse-Côte".

La Haute Côte-Nord (de Tadoussac à Moisie), des années 1845 à 1945
sera le théâtre d'un nouvel élan dans la création des scieries, lancées à l'assaut
des grandes rivières du nord. Des dizaines de villages témoignent encore
aujourd'hui de l'enracinement des colons et des bûcherons qui se sont installés
au siècle passé.

Vers 1950, la grande vague des pâtes et papier se retire aussi soudainement
qu'elle avait déferlé au début du siècle. On assiste à la naissance des grands
chantiers hydro-électriques et le début de la grande aventure du fer.

Au fil des ans, un peuplement s'est installé. Les villages de chasseurs amérindiens,
des pêcheurs, des colons, des forestiers, des travailleurs du fer se sont enracinés
et regroupent aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers d'habitants.